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Hommage à Ntesa Dalienst
Posté par Admin le 1/10/2010 18:30:00 (2554 lectures)

Par  Le Potentiel

On le savait déjà immortel grâce à sa riche discographie «Jarria», «Maria Mboka», «Tokosenga na Nzambe», «Obotami mobali, ndima pasi», «Biki», «Muzi», «Bina na ngai na respect», «Tantine», «Mulele», et bien d’autres chansons témoignent encore de la grandeur de cet artiste – musicien à texte. Chanteur de charme et de renom, grand romantique de la chanson congolaise, il berçait doucement les mélomanes par sa voix chaleureuse et captivante. Il avait toujours le sourire aux lèvres, avec un regard plein de charme et de gentillesse, Daniel Ntesa Nzitani dit Dalienst.



Né à Kinsiona dans les Cataractes province du Bas-Congo le 30 octobre 1946, Daniel Ntesa Nzitani, commence à étudier chez les catholiques en 1951, à Christ-Roi. En 1956, à l’âge de 10 ans, il monte un orchestre de jeunes dénommé Motema Jazz. Ils jouent avec des boîtes de conserve et des guitares de fabrication artisanale. A cette époque-là, il fréquente l’école des missionnaires catholiques à N’Djili où on leur apprend des chansons religieuses. Il est déjà choriste. De parents kimbanguistes, son père souhaite qu’il chante dans une chorale « kintuadi ». Ses parents l’envoient en pension à Nkamba, au Bas-Congo, et ensuite à l’école normale de Gombe-Matadi, où il fait partie de la chorale. Là-bas, son professeur de chant, qui apprécie sa voix, le fait chanter souvent.

Diplômé des études secondaires pédagogiques, il enseigne une année durant au Cycle d’Orientation (C.o), avant d’embrasser la carrière musicale en 1966. Il devient Dalienst, qui vient de Daniel Ntesa par anagrame. En fait, il prend le « Da » et le « iel », en mettant le « l » devant « ie » de Daniel en devenant « lie », en y ajoutant le « nst » de Ntesa.

En 1967, il est engagé dans l’orchestre Vox Africa de Jeannot Bombenga Wa W’ewando, où il joue avec Sam Moreno Mangwana. Il se fait remarquer dans les titres «Aline» et «Likuta ya pembeni epekisami». Une année après, en 1968, Sam Mangwana - comme chef de file - et Vangu Guivano quittent African Fiesta National de Rochereau Pascal Tabu. Ils montent l’orchestre Festival des Maquisards, qui se veut un orchestre new look, avec l’appui du capitaine Denis Ilosono. Un homme politique, Alphonse Kithima Bin Ramazani, met à la disposition du groupe des instruments de musique. Dalienst est avec eux. Il y trouve Lokombe, Dizzy Mandjeku, Johnny Bokosa, Mavatiku Michelino et Diana qui vient, lui aussi, de quitter Rochereau.

Festival des Maquisards connaît une scission en 1969. Guivano monte l’orchestre Dua. Sam change la dénomination de son groupe, qui devient le Festival de Sam. Lokombe, fonctionnaire de son Etat, rentre à la Fonction publique. Diana repart chez Rochereau dans African Fiesta National. Abandonné par Sam et Guivano, Dalienst désemparé échafaude l’hypothèse d’un retour dans Vox Africa. Dizzy Mandjeku, à qui il en parle, lui suggère de monter un nouvel orchestre. C’est ainsi qu’ils s’adressent à Verckys Kiamwangana pour donner corps à leur projet. C’est la naissance des Grands Maquisards. Ils contactent Lokombe et Diana, qui viennent à leur secours. C’est une véritable révolution parmi les groupes musicaux de l’époque : African Jazz de Joseph Kabasele dit Grand Kallé, O.K Jazz de Franco Luambo, African Fiesta National de Rochereau Pascal Tabu, African Fiesta Sukisa de Nicolas Kasanda dit Docteur Nico et centrale, Bamboula de Papa Noël Nedule. C’est le succès !

L’OSSATURE DES GRANDS MARQUISARDS

Dizzy Mandjeku, fonctionnaire à la Banque centrale, prend en charge les frais de répétition des Grands Maquisards, le nouvel orchestre qu’il vient de créer en compagnie de Dalienst, Lokombe et Diana. Ntesa sort «Obotami mobali, ndima pasi», qui retrace les galères vécues après la disparution du Festival des Maquisards. En dépit des difficultés, l’orchestre demeure solidaire. Le succès des Grands Maquisards est foudroyant.

L’ossature de l’orchestre est composée de : Chanteurs : Ntesa Dalienst, Lokombe Nkalulu, Diana, Kiese Diambu et Loulou (pop) ; Guitare Solo : Dizzy Mandjeku et Mageda ; Mi-Solo : Kalambay ; Guitare d’Accompagnement : Dave Makondele ; Guitare Basse : Franck Nkodia ; Tumba : Domsis ; Batterie : Tambu Tabi ; Saxophone : Michel Saxo ; Trompette : Mambert, Jeannot et Jean-Marie Kabongo. Ils enregistrent six disques pour le compte des éditions Vévé, notamment «Mado» de Lokombe, «Esese» de Diana, «Obotami mobali, ndima pasi», «Maria Mboka», «Biki 1 et 2», «Tokosenga na Nzambe» de Dalienst. Des morceaux, des tonnes de décibels qui maintiennent les mélomanes de la bonne musique dans la bonne humeur.

Au début de l’année 70, les éditions Vévé de Verckys Kiamwangana réalisent les premiers disques de l’orchestre Grands Maquisards, qui enthousiasment les mélomanes kinois et brazzavillois. On ne fait pas encore de grandes affiches à cette époque. Alors Verckys recouvre le mur de sa parcelle, sur l’avenue Eyala (commune de Kalamu), de couvertures de disques des Grands Maquisards. Quelque temps plus tard, Aimé Kiwakana fait son entrée dans les Grands Maquisards.

Ces premiers succès des Grands Maquisards seront suivis par d’autres succès tels que «Mabala ya Kinshasa», «Kaka po na ye» de Dizzy Mandjeku, « Sonia» de Diana, «Kayumba Marthe» et «Tolimbisana» de Lokombe «Jarrya», «Kiese» de Kiese Diambu, «Mavata», «Beneda», «Sisi moke» de Dalienst, «Kimbokoto» de Franck Nkodia.

En 1973, Diana quitte les Grands Maquisards. En 1974, après trois ans de fiançailles, il se marie à Mme Thérèse Mavata Nkue, la mère de ses quatre enfants. Mais, hélas ! L’orchestre Grands Maquisards, la grande force musicale est composée de jeunes manquant d’expérience, et de sens des affaires. Verckys Kiamwangana, leur éditeur et producteur, n’est pas naïf. Il leur réserve un salaire mensuel. Ils sortent plusieurs disques, sans en toucher des royalties. Ils ne savent même pas ce que sont les droits d’auteur. Ne voulant plus continuer avec les éditions Vévé, le groupe est contraint à disparaître par la force des choses. L’orchestre se disloque en 1975. Dizzy Mandjeku ne tient pas non plus à affronter le ridicule. Il récupère tous ses anciens collègues - sans Ntesa, Kiese Diambu et Michel Sax - dans une formation appelée Kossa-Kossa, parrainé par Miezi, le propriétaire du dancing - bar «la Suzanella Maison Blanche».

En 1976, Luambo Makiadi Franco et le T.P O.K Jazz recrutent Dalienst Ntesa, au même moment que le guitariste soliste Thierry Mantuika. Il y reste neuf ans et devient chef d’orchestre (sept ans). Dans l’O.K Jazz, il écrit beaucoup de chansons, à succès, dont «Muzi», sorti en 1980 et «Bina na ngai na respect» en 1981. Ces deux œuvres sont plébiscitées meilleures chansons en 1980 et en 1981. Lui-même est désigné meilleur chanteur et meilleur auteur – compositeur pendant deux ans. O.K Jazz est consacré deux fois meilleur orchestre de l’année.

En 1982, O.K Jazz sort l’album «Princesse Kiku», qui comprend, en dehors de «Princesse Kiku» de Franco, «Mawe» de Pépé Ndombe, «Nostalgie Tanzi» de Josky Kiambukuta, Ntesa contribue avec la chanson «Tantine». La même année, il fait partie de l’O.K Jazz qui s’installe à Bruxelles. Il y sort plusieurs titres. Avec Josky et Serge Kiambukuta, ils lancent un album commun en 1985.

En 1984, son œuvre «Muzi», est reprise dans la complication «African Music» du grand artiste camerounais de renommée internationale, Elvis Kemayo. Il s’installe définitivement à Bruxelles (Belgique), en 1985. En 1987, il imprime une belle chanson «Coup de foudre» dans l’album «Maracas d’or», dans lequel il excelle dans la chanson «Tangawisi» de Papa Noël Nedule. En 1988, à 41 ans, il a l’idée de récréer les Grands Maquisards. Il se met courageusement à reformer un orchestre, composé de Belges et de Congolais, dont le saxo Didan. La même année, il sort son premier album solo, produit par Luambo Makiadi Franco. C’est l’album «Mamie Zou», qu’il joue avec le concours du T.P O.K Jazz. Cet album compte quatre titres : «Mamie Zou», «Dodo», «Nalobi na ngai rien» et «Batindeli ngai mitambo». Ya Ntesa concocte de tendres mélodies dont il a le secret. Encore et toujours des histoires d’amour. Dans la chanson «Mamie Zou», la femme remercie son mari pour leurs vingt ans de mariage heureux. Dans «Dodo», l’homme demande à sa femme de vivre cinquante ans de mariage comme leurs parents. En sera-t-il de même pour leurs petits enfants, demande-t-il?

En 1994, il monte l’orchestre Afri-Jazz, composé d’anciens pions majeurs de l’Afrisa International et de l’O.K Jazz, et aussi quelques jeunes. Il s’agit de lui Ntesa Nzitani Wuta Mayi, Michelino Mavatiku, Papa Noël Nedule, Shaba Kahamba, Youlou Mabiala, Pompon Kuleta, Bopol Mansiamina, Diasi, Ada Muangisa, Serge Kiambukuta, Michel Sax, Monglisha, Caien Madoka, Egide, Djudju, Salo, Armando et Niau. Ils ne sortent qu’un seul album, «Frappe chirurgicale aérienne» qui contient huit titres.

En décembre 2001, un ouvrage lui est dédié. Il s’agit du livre «Ntesa Dalienst et la sublime épopée des Grands Maquisards» de Jean-Claude Gakosso, publié aux éditions Gutenberg - IGB (Collection Musiques d’Afrique), pour perpétuer la mémoire du grand chanteur, qui a dirigé l’un des meilleurs orchestres des années 70. C’est un livre de 95 pages de texte et de photos. Là-dedans, on découvre des portraits individuels. Leurs tribulations managériales et leurs précarités existentielles sont contées avec un sens prononcé de la recherche et du récit. Ecrit selon une approche romancée, l’essentiel du texte, fresque en huit volets, se lit d’un trait. Sans être une anthologie, l’ouvrage jette une lumière sur le fond musical des deux Congo (Kinshasa et Brazzaville, comme pour expliquer la fécondité de l’artiste et de l’orchestre célébrés. Cet ouvrage a été présenté au public le 14 décembre 2001, au Mess des Officiers, au cours d’une soirée consacrée à Ntesa et aux Grands Maquisards.

Sur la terrasse du Mess des Officiers, accompagnés par l’orchestre Bana Poto-poto de Bienvenu Roland Faignond, les Dizzy Mandjeku, Michel Sax, Franck Nkodia, Domsis, Dave Makondele, Malage De Lugendo, Verckys Kiamuangana, Jeannot Bombenga, Jean Serge Essous, interprétent les succès des Grands Maquisards. Sont aussi exécutés, ceux des Franklin Boukaka, Kallé Jeef, Docteur Nico, Rochereau Pascal Tabu, à la grande satisfaction du public. Evocations, témoignages, partie de danse, séance de dédicace, en présence de sa veuve, Thérèse Mavata et ses enfants. Dalienst bénéficie d’un hommage digne de l’homme du public qu’il fut.

Lors de la dernière édition du Kora Awards, lorsqu’un animateur d’une chaîne de télévision kinoise avait tendu son micro à l’artiste - musicien Salif Keita, pour chanter une chanson d’un artiste - musicien congolais, lui qui vit avec ces stars d’aujourd’hui à Paris, le Malien avait chanté «Muzi», à la grande surprise de ses pairs musiciens. Dalienst est mort, le 23 septembre 1996 à Bruxelles, suite à une opération chirurgicale du cerveau.

Jeannot ne Nzau Diop- Le Porentiel




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