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Félix Manuaku Waku : " J’ai le plein droit d’utiliser le nom de Zaïko Langa-Langa autant de fois que je veux"
Posté par Admin le 1/1/2010 10:30:00 (647 lectures)

De retour d’ un voyage en Afrique ( de mi décembre 2006 à mi janvier 2007), voyage qui l’a conduit notamment à Brazzaville et qu’il a par ailleurs mis également à profit pour retrouver les siens à Kinshasa, Pedro Félix alias Félix Manuaku Pépé Felly s’est confié récemment à Afriqu’Echos Magazine ( AEM).

L’entretien a, entre autres, essentiellement tourné autour de sa production à Brazzaville, avec d’autres anciens de Zaïko Langa-Langa dont Bakunde Ilo Pablo, Gina Efonge, Likinga Mangenza..., sous le nom de ce groupe ; de la "résurrection" annoncée et tant attendue de son Zaïko Wawa qui, jusque là était sous la direction de Djo Poster dont la mort a surpris le magicien alors que ce dernier venait à peine de débarquer dans la capitale congolaise (Brazzaville)...

Tout en attribuant l’initiative à Solange Camara, Députée maire de Brazzaville, il revendique dans le même temps le plein droit d’utiliser le nom de Zaïko Langa-Langa autant de fois qu’il le veut par le fait d’avoir été l’un des fondateurs de cette formation musicale qu’il a pourtant quittée voici plusiers années déjà...Il parle, d’autre part, de son projet d’implanter des écoles de musique au Congo et ailleurs en Afrique.


 

Bonjour, Félix, et Meilleurs Vœux pour 2007

Bonjour, Jossart, à vous de même, mes Meilleurs Vœux pour cette année nouvelle.

Vous venez juste de rentrer d’Afrique, peut-on connaître le but de votre déplacement ?

C’est à la suite d’une invitation qui m’a été adressée par Madame Solange Camara, députée maire de Brazzaville, que j’ai effectué ce voyage. En mémoire de son frère disparu il y a 15 ans, l’intéressée a en effet eu l’idée de réunir les anciens de Zaïko Langa Langa pour une production... C’est donc la raison première de mon déplacement sur le continent, plus précisément au Congo Brazzaville.

On sait que Zaïko LL séjourne actuellement en Europe. Le Président de ce groupe était-il au courant de ce projet ?

C’est étonnant ! Deux semaines avant que la délégation de Brazzaville ne prenne contact avec moi, mon frère Nyoka Longo m’avait téléphoné de Paris. On avait parlé de tout autre chose sans toutefois aborder cette question.

Alors que vous aviez cette invitation entre les mains, on a appris la triste nouvelle de la disparition de l’un de vos anciens protégés dans Zaïko Wawa, en l’occurrence Mumbata Djo Poster. Que cela vous a-t- il fait ?

Cette triste nouvelle m’a surpris au moment où je me trouvais déjà à Brazzaville pour honorer les engagements pris avec la députée. Comme tout père de famille, puisque les musiciens que j’ai façonnés et propulsés sur l’échiquier de la musique congolaise sont en effet mes enfants, c’est une

Avec Evoloko au Q. Artisanal sur Kanda-Kanda, commune de Kasa-Vubu le ../../../06

perte énorme. J’aurais préféré que ce soient les enfants qui m’enterrent mais voilà que c’est tout le contraire qui se produit. C’est vraiment une perte, une grande perte ! Hélas, ça ne se décide pas. Quand Dieu donne et quand Il reprend, Il ne l’annonce pas ; ça dépasse même la compréhension humaine. Ma foi, j’ai fait ce qui était dans mon possible, j’ai délégué les miens et fait apporter à la famille du défunt une couronne de fleurs. Ma famille m’a représenté pendant les obsèques. Le jour où les proches de Djo Poster s’étaient réunis pour disperser les gens qui étaient venus les assister, comme cela se fait dans nos coutumes, j’étais sur place à Kinshasa. Je m’étais alors rendu à leur résidence à Kimbangu où j’ai vu la maman du défunt, son oncle, son frère, sa femme et ses enfants ... .Puisqu’il y avait des instruments à disposition et qu’un groupe était justement entrain d’agrémenter, je ne pouvais pas me retenir ; j’ai donc pris ma guitare pour remplir mes obligations...avec les moyens dont je dispose.

On parle depuis un certain temps de la résurrection de Grand Zaïko Wawa qui était justement sous la direction de Djo Poster. Qu’en est-il aujourd’hui après la mort de ce dernier ? Avez-vous pris d’autres dispositions

Après la mort de Djo Poster, c’est Djo Moplat qui a repris le flambeau et qui dirige désormais le groupe. Ils ont déjà repris le travail. Ils en sont encore au stade des répétitions. J’ai laissé un programme à suivre en vue d’atteindre les objectifs fixés.

Comptez-vous repartir dans les prochains mois ? Et cette fois pour remettre la machine en marche ?

Le nouveau Grand Zaïko est une façon, pour moi, d’offrir une scène à la jeunesse qui arrive dans le métier. Ce Grand Zaïko, je ne le vois pas dans le même concept que celui de l’époque. Au fait, mon idée est d’implanter des écoles de musique au pays. Je me sens en effet cette vocation d’encadrer les jeunes. Je vais bien évidemment commencer par Kinshasa. Ensuite il faudra étendre ce projet aux régions et pourquoi pas au Congo-Brazzaville et à l’ Angola ?C’est cette vocation que je me donne ; je me vois vraiment cette vocation : Ne plus être sur scène du 1er au 30, mais plutôt offrir une structure d’encadrement aux jeunes, les accueillir et leur permettre de mettre en pratique ce qu’ils auront appris en théorie. Grand Zaïko servira donc pour la pratique ce qui fait que moi je ne vais même pas jouer avec eux, sauf à des rares occasions, dans certaines circonstances oui, mais pas régulièrement.

D’après ce que vous avez pu observer, ces jeunes sont-ils à la hauteur ? Ont-ils la touche, l’identité Grand Zaïko ? Puisque chaque groupe a tout de même son identité

Il n’y a même pas d’identité dans la musique congolaise...À un certain moment, j’avais même eu peur personnellement... j’avais même cru avoir hérité de la sensibilité et de l’ouïe des Occidentaux alors que ce n’est pas du tout le cas. Tous les groupes ont le même cachet, le même style, les mêmes animations, le même seben. Ce seben n’est qu’un maillon de la chaîne, ils n’ont même pas exploré les autres maillons de la chaîne. Alors c’est vraiment triste. C’est pourquoi, je me vois vraiment la vocation d’aller installer l’instruction sur place...

Revenons à votre fameuse production à Brazzaville. Quels souvenirs gardez-vous de cette production ?

C’était merveilleux, et là je parle à titre personnel, ce fût une opportunité de retrouver les miens que j’avais perdus de vue depuis au moins une trentaine d’années. C’était comme une résurrection, c’est comme si j’étais décédé et que c’était la résurrection. Si la mort ressemble à ça, alors c’est plutôt génial !

Vous vous êtes produits sous le nom de Zaïko LL, qui est une marque déposée, sans même l’accord de son Président. Cela ne vous fait-il pas froid aux yeux

Je pense que cette question, il faut la poser à Madame Camara, l’initiatrice du projet.

Félix Manuaku en compagnie de Mountouari Kosmos (Brazzaville)

Il semble que c’est Pablo qui est allé signer au nom de Zaïko Langa-Langa...

Non ! Pas du tout ! Il ne faut pas incriminer Pablo. Pablo n’y est pour rien. Il a tout organisé par rapport à ce qui lui a été demandé. Il n’a fait que mettre à exécution le projet de Madame la Députée maire de Brazzaville.

Trouvez-vous cela normal, vous qui êtes affilié à la Suisa et qui protégez vos oeuvres et votre marque , alors que vous ne faites plus partie intégrante de Zaïko Langa-Langa, même si, c’est vrai, vous en êtes l’un des artisans ?

Vous croyez ? Je crois que cette question ne mérite même pas d’être posée. Parce que moi-même qui vous parle, j’ai le plein droit d’utiliser le nom de Zaïko LL autant de fois que je veux puisque je suis le premier musicien de ce groupe.

Qu’est-ce que vous avez retenu de votre voyage dont les échos ont été entendus dans certains milieux ?Cette expérience va-t-elle se renouveler ?

Effectivement ! Madame Camara a promis de renouveler cette expérience chaque année et chaque fois avec la même mention (les anciens de Zaïko Langa-Langa). Avec bien évidemment les musiciens qui seront disponibles à se rendre à Brazzaville. Parce que les autres n’étaient pas disponibles. Entre autres mes frères Nyoka, Wemba, Mbuta Mashakado et Evoloko (qui avait un problème avec son genou) qui n’ont donc pas pu être au dernier rendez-vous.

Dans une interview qui vient juste de sortir sur DVD Nyoka Longo répond à la question d’un mélomane sur votre présence active tant souhaitée dans Zaïko Langa-Langa en affirmant que cela ne dépend que de votre disponibilité... Quel est votre avis ?

Je crois que sa réponse est très sage car j’ai, en effet, certains engagements, à honorer... Au stade où j’en suis, pour répondre à l’appel de Zaïko Langa-Langa, je n’ai même pas besoin d’ouvrir les yeux. Je peux dire OUI les yeux fermés. Parce Zaïko Langa-Langa, c’est une partie de moi. Je me dois par conséquent d’œuvrer pour sa maintenance, pour sa bonne évolution... C’est mon groupe, Zaïko Langa-Langa ! même si j’ai été forcé à créer Grand Zaïko Wawa ; ce n’était pas dans mon plan, dans mon projet, c’est plutôt la nature qui l’a voulu. |Propos recueillis à Lausanne par Jossart Muanza (AEM)




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