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Barack Obama - un destin américain
Posté par Admin le 17/8/2009 22:00:00 (605 lectures)

 

Cet article est extrait de la publication du département d'État Barack Obama : 44e Président des États-Unis.

Le parcours remarquable de Barack Obama et la campagne qu'il a menée de main de maître en vue de l'élection présidentielle ouvrent un nouveau chapitre dans les annales de la politique aux États-Unis.

Premier président des États-Unis afro-américain, Barack Obama a un passé qui sort de l'ordinaire.

Né d'un père kényan et d'une mère blanche issue de l'Amérique profonde, il est propulsé sur le devant de la scène nationale lorsqu'il prononce le discours phare très remarqué à la convention nationale du Parti démocrate tenue en 2004, l'année même où il est élu sénateur de l'Illinois au Congrès. Tout juste quatre ans plus tard, il devance tous les poids lourds démocrates en lice dans la course à l'investiture du parti pour la Maison-Blanche et remporte l'élection présidentielle contre le candidat républicain, John McCain.

Orateur au style châtié, maître dans l'art de l'éloquence et des joutes oratoires exaltantes, capable de susciter l'enthousiasme des jeunes électeurs et habile utilisateur de l'Internet dont il a su faire un outil de campagne, Barack Obama est bel et bien un candidat du xxie siècle. Deux thèmes sous-tendent sa campagne : la nécessité de changer la conduite traditionnelle des affaires publiques à Washington et la volonté d'amener les Américains dont les idées et les origines sociales et raciales sont diverses à s'unir pour le bien commun.



« Il n'y a pas une Amérique progressiste et une Amérique conservatrice - il y a les États-Unis d'Amérique », déclare-t-il dans son discours à la convention nationale du Parti démocrate en 2004.

« Il n'y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche, une Amérique hispanique et une Amérique asiatique ; il y a les États-Unis d'Amérique. [...] Nous formons un seul peuple, tous unis dans notre fidélité au drapeau et dans la défense des États-Unis d'Amérique. »

Les premières années

Les parents de Barack Obama sont issus de milieux très différents. Sa mère, Ann Dunham, est née et a grandi dans une petite ville du Kansas. Quand sa famille s'installe à Hawaii, elle fait la connaissance de Barack Obama père, étudiant boursier kényan qui est inscrit à l'université d'Hawaii. Ils se marient en 1959 et, le 4 août 1961, Barack Obama naîtra à Honolulu. Deux ans plus tard, son père quitte sa nouvelle famille, d'abord pour continuer ses études à Harvard, ensuite pour occuper un poste d'économiste dans le gouvernement kényan. Le jeune Obama ne reverra son père qu'une seule fois, à l'âge de dix ans.

Il a six ans quand sa mère se remarie, cette fois à un cadre de l'industrie pétrolière, de nationalité indonésienne. La famille va vivre en Indonésie et, quatre ans durant, le jeune garçon fréquente une école de Djakarta, la capitale. Il finira par regagner Hawaï pour vivre avec ses grands-parents maternels le temps de poursuivre ses études secondaires.

Dans son premier livre, Rêves de mon père, Barack Obama décrit les troubles de son existence d'adolescent, plus nombreux que de coutume, tandis qu'il s'efforce de donner un sens à son héritage biracial, phénomène encore relativement rare aux États-Unis.

Le fait d'avoir ses racines tant dans l'Amérique noire que dans l'Amérique blanche a peut-être contribué à forger la vision panoramique qu'il apportera dans l'arène politique bien des années plus tard et qui reflète sa compréhension de multiples points de vue.

« Barack a le don incroyable de faire la synthèse de réalités apparemment contradictoires et de les rendre cohérentes », confie Cassandra Butts, l'une de ses camarades de classe en faculté de droit, à une journaliste de la revue The New Yorker, Larissa MacFarquhar. « Cela tient au fait qu'il a été élevé par des Blancs qui le chérissaient et qu'il a été perçu comme un Noir lorsqu'il a quitté le foyer familial. »

Barack Obama quitte Hawaï pour Los Angeles, où il va étudier deux ans à l'Occidental College. Il ira ensuite à New York à l'université Columbia, où il obtiendra une licence en 1983. Dans un discours prononcé en 2008, Obama évoque son état d'esprit d'alors : « […] à l'obtention de mon diplôme, j'étais pénétré de l'idée folle de faire du travail de terrain pour susciter le changement ».

La vocation du service public

En quête d'une identité et d'une direction à donner à sa vie, Barack Obama quitte son poste de rédacteur financier dans une société de consultants internationale de New York et part pour Chicago en 1985.

Là, il s'investit dans l'animation sociale pour une coalition d'églises des quartiers sud de la ville, où vit une population afro-américaine défavorisée, durement touchée par la transition d'une économie manufacturière à une activité tertiaire.

« C'est dans ces quartiers que j'ai reçu la meilleure éducation de ma vie et où j'ai compris la signification réelle de ma foi chrétienne », racontera Barack Obama des années plus tard en annonçant sa candidature à la présidence des États-Unis.

Barack Obama remporte des succès tangibles dans cette entreprise, donnant aux habitants des quartiers sud les moyens de s'exprimer sur des questions aussi diverses que le réaménagement urbain, la formation professionnelle et l'assainissement de l'environnement.

Pour lui, son rôle consiste avant tout à mobiliser les simples citoyens à la base pour qu'ils forgent des stratégies locales propres à favoriser l'émancipation politique et économique.

Après trois années d'efforts soutenus, Barack Obama arrive à la conclusion qu'il faut s'impliquer à un échelon plus élevé, dans l'arène du droit et de la politique, pour améliorer véritablement le sort des collectivités en détresse. Dès lors, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université Harvard, où il se distingue en étant le premier Noir à être président de la prestigieuse revue Harvard Law Review et en sortant diplômé avec la mention très bien en 1991.

Avec un tel bagage, « Barack Obama n'avait que l'embarras du choix », fait observer David Axelrod, stratège de sa campagne présidentielle. Barack Obama regagne sa ville d'adoption, Chicago, où il travaille comme avocat spécialiste des droits civiques et enseigne le droit constitutionnel à l'université de Chicago. En 1992, il épouse Michelle Robinson, elle-même diplômée de la faculté de droit de Harvard, et il participe à des campagnes d'inscription sur les listes électorales à Chicago pour appuyer la candidature de démocrates, dont Bill Clinton.

Fermement attaché au service public, il brigue son premier poste électif en 1996 et rejoint le sénat de l'Illinois. À de nombreux égards, cette démarche s'inscrit dans le prolongement logique de son action sociale, et sa conception de la politique s'en inspire largement : il incombe aux hommes politiques de faciliter la mobilisation des citoyens et de forger des coalitions de vaste portée.

« Les Afro-Américains qui invoquent exclusivement le racisme comme obstacle à leur réussite font gravement fausse route s'ils continuent d'ignorer les forces économiques de plus grande ampleur qui sont responsables de la précarité économique de tous les travailleurs - blancs, hispaniques et asiatiques », affirme-t-il à l'époque. La réforme du financement des campagnes électorales, les réductions d'impôts accordées aux travailleurs à faibles revenus et les améliorations apportées au système pénal de l'État comptent au nombre des initiatives qu'il met en place tout au long de ses huit années de service au sénat de l'Illinois.

La scène nationale

En 2000, Barack Obama tente pour la première fois de se faire élire au Congrès, mais il doit s'incliner devant son rival démocrate, Bobby Rush, qui sollicite le renouvellement de son mandat à la Chambre basse où il représente Chicago. Découragé par son échec écrasant lors des primaires mais désireux d'étendre son influence au-delà du corps législatif de l'Illinois, il persuade sa femme qu'il devrait briguer un siège au Sénat, dernière tentative pour faire avancer sa carrière politique dans un « jeu de quitte ou double ».

La course aux élections sénatoriales de 2004 avait tourné à la foire d'empoigne l'année précédente quand le sénateur sortant, Peter Fitzgerald (républicain), avait annoncé son intention de ne pas se représenter. Sept démocrates et huit républicains décident de briguer l'investiture de leur parti respectif.

Barack Obama triomphe aisément de ses adversaires démocrates, remportant 53 % des voix.

À l'époque, les républicains détiennent une infime majorité au Sénat - 51 sièges sur 100 - et les démocrates voient dans l'élection pour le poste de sénateur de l'Illinois l'occasion de reconquérir la majorité en novembre (en fait, ils n'y parviendront qu'en 2006). Le désir de donner un coup de pouce à la campagne de Barack Obama en lui faisant jouer un rôle de premier plan à la convention du parti, son éloquence avérée et l'impression très favorable qu'il a déjà faite sur le candidat démocrate à la présidence, John Kerry, sont autant de raisons de le choisir pour prononcer le discours phare à la convention d'investiture du parti.

Brillant et exaltant, le discours de Barack Obama qui soulignait la nécessité de transcender les divisions partisanes et appelait à une « politique de l'espoir » de préférence à une politique du cynisme n'a pas pour seul effet de galvaniser l'assistance ; il catapulte le jeune sénateur de l'Illinois sur la scène nationale, l'étoile montante du parti démocrate. L'automne venu, il remportera aisément le siège convoité au Sénat en obtenant 70 % des suffrages. Si la déroute quasi totale des républicains cette année-là contribue assurément à sa victoire éclatante, celle-ci est néanmoins impressionnante en soi puisqu'il obtient la majorité des voix dans 93 des 102 comtés de l'État, dont les deux tiers des suffrages exprimés par les électeurs blancs.

Il affirme rapidement sa réputation, celle d'être un homme politique d'un genre nouveau, capable de surmonter les fractures raciales traditionnelles.

Dans un portrait publié dans le New Yorker, William Finnegan, soulignant le talent qu'a le sénateur d'« adopter subtilement la façon de parler de son interlocuteur », constate que Barack Obama « maîtrise tout l'éventail des parlers locaux américains ».

Barack Obama explique pourquoi il sait toucher les électeurs blancs. « Je les connais, dit-il. Ce sont mes grandsparents. [...] Leurs manières, leurs sensibilités, leur sens du bien et du mal - je connais tout cela parfaitement. »

Au Sénat, ses prises de position lors des votes s'inscrivent dans le droit fil de celles de l'aile progressiste du Parti démocrate. Son opposition à la guerre en Irak est devenue l'une de ses images de marque, depuis le jour, en 2002, avant même le début de la guerre, où il affirme que toute action militaire serait fondée « non sur une question de principe, mais sur des considérations politiques ». En outre, il s'emploie à renforcer les normes éthiques au Congrès, à améliorer la couverture médicale des anciens combattants et à accroître le recours aux énergies renouvelables.

La course à la Maison-Blanche

La longue campagne des primaires des candidats démocrates, ponctuée d'élections ou de « caucus » organisés dans les 50 États du pays, a été historique à plusieurs égards. C'était la première fois qu'un Afro-Américain et une femme restaient en lice dans la course à l'investiture du Parti démocrate. Quand Barack Obama et sept autres prétendants à l'investiture du parti commencent à s'organiser en 2007, les sondages placent régulièrement le sénateur de l'Illinois en deuxième position, derrière la favorite présumée, la sénatrice de l'État de New York, Hillary Clinton. Mais dès le départ, Barack Obama se montre particulièrement habile à mobiliser de fervents partisans, en particulier parmi les jeunes, et dans tout le pays il organise sa campagne électorale sur une base populaire et sollicite des dons via l'Internet.

Mieux connue du grand public, à la tête d'une machine électorale aux rouages bien huilés et bénéficiant de l'appui des cadres du Parti démocrate au niveau des États, Hillary Clinton jouit d'avantages que le camp Obama doit surmonter, et il met en place une stratégie novatrice dans ce sens : il cible les États qui choisissent leurs délégués par le biais de « caucus », plutôt que par des primaires, et se concentre sur de petits États qui votent normalement républicain à l'élection nationale. Cette démarche fait fond sur le système de la représentation proportionnelle du Parti démocrate (le nombre des délégués envoyés à la convention est proportionnel au pourcentage des suffrages obtenus), alors que le Parti républicain accorde la plupart ou la totalité des délégués au vainqueur des élections dans chaque État.

Cette stratégie se révélera payante lors des premiers « caucus » tenus dans l'Iowa, le 3 janvier 2008 : contre toute attente, Barack Obama devance Hillary Clinton.

Du coup, le jeu bascule ; selon le Washington Post, « le fait de battre Hillary Clinton [...] a changé la donne en faisant de Barack Obama son principal rival - le seul candidat à avoir le message, le ressort organisationnel et les ressources financières propres à remettre en cause son statut de chef de file ».

Cette stratégie fera de nouveau ses preuves le « super mardi », le 5 février, jour où 22 États tiennent simultanément leurs élections primaires : le verdict des urnes est un match nul, mais Barack Obama l'emporte haut la main dans des États ruraux de l'Ouest et du Sud. Il remportera dix autres victoires consécutives en février, confortant son avance en nombre de délégués sur Hillary Clinton qui ne pourra jamais le rattraper.

Une présidence Obama

Barack Obama est l'un des plus jeunes présidents de l'histoire des États-Unis. Né vers la fin de la génération du baby-boom (1946-1964), il est en outre le premier président à avoir atteint la majorité dans les années 1980, ce qui en soi pourrait porter le germe du changement. L'atmosphère dans laquelle il a grandi tranchait profondément sur la phase tumultueuse que traversait la société dans les années 1960 et qui avait façonné les vues des premiers babyboomers.

Au sujet des élections présidentielles de 2000 et de 2004, que se disputaient des candidats appartenant à une plus ancienne cohorte de cette génération de l'après-guerre, Barack Obama ne dirat- il pas : « J'avais parfois l'impression de voir se dérouler devant moi, sur la scène nationale, le psychodrame de la génération du baby-boom - un récit ancré dans les rancœurs d'antan et dans les intrigues revanchardes ourdies dans une poignée de campus universitaires. »

Larissa MacFarquhar, du New Yorker, explique ainsi l'attrait indubitable qu'exerce Barak Obama auprès des Américains de toutes tendances politiques : « Ses prises de position lors des votes comptent parmi les plus progressistes au Sénat, mais il a toujours plu aux républicains, peut-être parce qu'il discute d'objectifs progressistes en termes conservateurs. » « Dans sa conception de l'histoire, dans son respect de la tradition, dans son scepticisme à l'idée que l'on puisse changer le monde, si ce n'est très lentement, Barack Obama est profondément conservateur », écrit-elle.

Barack Obama aura fait œuvre de pionnier en politique. Sa candidature survient précisément au moment où de nombreux Américains pensent que leur pays a besoin de changer fondamentalement de direction. E. J. Dionne, chroniqueur politique au Washington Post, résume parfaitement l'heureuse rencontre entre la candidature de Barack Obama et l'air du temps aux États-Unis :

« Le changement, et non l'expérience, tel était le mot d'ordre. Les grands coups de brosse, et non la maîtrise des détails, telle était la vertu la plus prisée de la rhétorique électorale. Une rupture franche avec le passé, et non un simple retour à des jours meilleurs, telle était la promesse la plus précieuse. »




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