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Belobi Ng’Ekerme Meridjo : ‘‘Si le tempo ‘Machine ya Kauka’ faisait l’identité de Zaïko Langa-Langa à sa création, il définit la musique Congolaise depuis 38 ans’’
Posté par Admin le 1/2/2008 11:20:00 (809 lectures)

Jean_Marie_Belobi_net.jpgZaïko Langa-Langa refait parler de lui. Ce groupe musical qui a fait la pluie et le beau temps des mélomanes congolais durant trois décennies a fêté ses 38 ans d’existence vendredi 28 décembre 2007 au ‘‘Millénaire’’ à Savigny-Le-Temple (France).

Un mois après ce concert évènement, Le Révélateur a rencontré Monsieur Jean-Marie Belobi Ng’Ekerme Meridjo, le créateur du Tempo dénommé ‘‘Machine ya Kauka’’ qui fait danser non seulement la RDC, mais aujourd’hui toute l’Afrique et la diaspora africaine américaine. L’homme est toujours en forme, mais apparemment discret. Pour une fois, il revendique ouvertement sa trouvaille, alors qu’il est resté longtemps modeste.



Rappel historique

‘‘Tabou Ley a introduit la batterie (Drum) dans la musique congolaise moderne, Meridjo lui a donné un rythme’’, dit-on dans les milieux des chroniqueur de musique en RDC. Jean-Marie Belobi Ng’Ekerme, nom de scène Méridjo (on écrit aussi Mary Joe) est une figure d’anthologie de la musique congolaise moderne et son répertoire est aussi des plus prestigieux.

‘‘Nyongo Ekeseni, Kwiti-Kwiti, Bolingo aveugle, 77 X 7 fois, Sangela, Ben Betito’’, etc., sont des tubes qui l’ont aussi consacré parmi les meilleurs auteurs-compositeurs de Zaïko Langa-Langa. Intégré dans Zaïko depuis 1971 comme batteur, il deviendra, à l’insistance de D.V. Moanda, le fondateur de Zaïko Langa-Langa, le drummer attitré du groupe en remplacement de Bimi qui monte au chant. Après ses études primaires à Saint-Jean Berkmanns au Camp Citho (Kauka), ce fils aîné d’ingénieur-mécanicien à l’ONATRA fréquente le mouvement culturel Xavérie, un mouvement qui s’occupe de formation et de l’épanouissement morale des jeunes.

Meridjo est aussi dans le Micha-Micha où il rencontre Pascal Lokwa Kanza. Il joue au basket-ball dans l’équipe de la société de son père mais aussi de la percussion lors des soirées culturelles organisées avec le Xavérie. Son père l’envoie à l’ISTA afin de le remplacer en cas de retraite, mais quelques mois des maths et physique suffisent pour le dissuader. La pression de la musique augmente dans ses veines et Zaïko Langa-Langa répète à l’Hôtel Hawaii (aujourd’hui Azur), à deux pas de chez lui. A partir de 1973, Méridjo révolutionne la musique par l’introduction d’une rythmique percussive, notamment sur le tempo de la caisse claire. Tout part d’un défi lui lancé par ses copains de reproduire, lors d’un voyage par rail de l’orchestre sur Pointe Noire au Congo-Brazzaville, les cliquetis des roues motrices d’une locomotive lancée à vive allure. L’émérite drummer réussit le pari. Il est gratifié en récompense, par ses copains du surnom ‘‘Machine ya Kauka’’. C’est le ‘‘beat cavacha’’.

Le Révélateur : Quelle dimension avez-vous donné à ce concert ?

Méridjo : C’est un signal aux mélomanes et à tous les autres artistes musiciens Congolais, un signal que Belobi Ng’Ekerme Meridjo reste incontournable et toujours talentueux. Mais c’était aussi une occasion de retrouvailles avec les fans et les amis de Zaïko Langa-Langa. Je me suis remémoré l’ambiance de scène que j’ai quitté il y a dix ans. Beaucoup de fans m’ont dit que je leur manquais ! J’ai revu Jossart Nyoka Longo, Doudou, Bapius sur la même scène, et moi donnant le tempo et la cadence comme à l’époque du renouveau de Zaïko Langa-Langa Nkolo Mboka en 1988 après le départ de Lengos, Bimi, et les autres pour fonder Familia Dei. Je l’ai déjà dit et je répète, ‘‘Le lion bien que vieux, ne deviendrait jamais herbivore’’ en Lingala on dirait : ‘‘Nkosi ata akomi Mpaka , ako tikala kolia nkasa ata mokolo moko te !’’

Quelles ont été vos impressions pendant ce concert ?

La Nostalgie, les Souvenirs, des frissons ! J’ai regretté le groupe que nous avons réorganisé dès 1988, avec des musiciens de Talent comme Barozza, Chiro - Chiro, Alpha, Shango, Mutingiya et j’en passe, avec des Chanteur de Charme comme Malaje ou Dindo Yogo, sans oublier NONO et DOUDOU à l’animation. ‘‘Nsusu ikokele, Batebu ba lawukidi, ... Tuku Niata tata Polo’’ etc. (NDLR : images à revoir sur YOU TUBE.com/ Zaïko Langa Langa), le tout guidé par un tempo d’une précision chirurgicale inspiré par notre directeur artistique Matima Matim’s, Zamwangana Enock et Oncle Bapius. Qui pouvait résister à cela ? En tout cas, même pas le Marechal Mobutu ! (Lors de ses fêtes à Gbado).

Que peuvent attendre vos fanatiques après ce concert ?

Me faire confiance, je ne décevrai jamais ceux qui croient en mon talent. Je n’ai plus travaillé depuis dix ans, il me faudra du temps pour me surpasser. Quant à mon éventuel retour dans Zaïko Langa Langa, la question n’est pas à l’ordre du jour. Mais à propos de ma participation à ce concert, je dirais tout simplement que j’ai été invité pour commémorer avec mes anciens collègues le 38ème anniversaire de Zaïko Langa-Langa. Ca m’a fait plaisir de me retrouver sur une même scène avec Bozi Boziana, Oncle Bapius, j’ai retrouvé Deo Brando et d’autres copains qui vivent en Europe depuis longtemps.

On dit que Tabu Ley a introduit la batterie dans la musique Congolaise et vous en avez donné le tempo. Qu’en est-il au juste ?

A propos de la batterie dans notre musique, il y a une nuance qui mérite d’être éclairée. Notre aîné Tabu Ley a accepté l’introduction de cet instrument dans son orchestre. Mais le précurseur n’en est que Seskain Molenga. C’est lui qui en a eu l’idée, il est le pionnier en quelque sorte. Mais il y a aussi Ringo de l’orchestre Continental, tous les deux jouaient du Sum Jum (NDLR : le Rythme créé par le seigneur Tabu Ley, la veille de son concert à l’Olympia de Paris en 1970, en vue d’adapter notre Rumba avec les accords proches de la musique occidentale de l’époque Yéyé).

Pour ma part, je n’ai eu que le génie d’adapter le style Cavacha avec cet éventail de possibilités Rythmiques qu’offrait cet instrument dont chaque composante a le pouvoir de déclencher des sensations, des battements cardiaques. Comme tout ‘‘Bantou’’ j’ai le rythme dans le sang et j’ai l’intelligence de le transformer en une cadence qui emporte quiconque écoutera cette musique.

Au début de cette aventure, nos chanteurs qui sont des vrais créateurs, ont composé des chansons impliquant une cadence entraînante qu’il fallait rythmer avec un tempo qui concorde avec la danse Cavacha. Je m’y suis mis, j’ai écouté les cris des oiseaux, les pas d’animaux, les bruits de moteurs de bateau, de train et comme Archimède, ‘‘Eureka !’’, ‘‘MACHINE YA KAUKA’’ que tous appliquent maintenant est né !

Si ce tempo faisait l’identité de Zaïko Langa-Langa à sa création, il définit la musique Congolaise depuis 38 ans. Aujourd’hui, toute la musique Afro-antillaise a suivi et ça marche (Kassav, Magic Systèm, Aurelius Mabelé, etc.).

Souvenez-vous que même Papa Wemba qui lors du concert commémorant le 20ème Anniversaire de Zaïko Langa-Langa en 1989 au Palais du peuple de Kinshasa, en recevant le cadeau qui nous était offert, demanda si le présent était destiné à Zaïko ‘‘Cavacha’’ ou Zaïko ‘‘Mamé Mamé’’ ? Aujourd’hui il s’y est mis parce que ça marche. Mais il faut des créateurs, des arrangeurs de talent comme le fut Matima.

Quels ont été les beaux moments de votre carrière Musicale et que présentez-vous comme mauvaise épisode ?

La meilleure période, c’est la période Cavacha, bien sûr ! Je venais de réussir mon invention : le tempo, le style, le battement cardiaque que tout le monde me reconnaît par ailleurs. A cette époque, on faisait des concerts jumelés à la piscine de l’Athénée de la Gombe, ou à la foire de Kinshasa. On retrouvait à l’affiche à la fois Thu Zahina, Stukas, et Zaïko Langa-Langa. (cfr. Article de Nzita Mabiala dans élima Dimanche, 1972). Ces deux premiers groupes n’étaient pas de moindre que je sache. Mais quand arrivait notre tour de nous produire, l’ambiance était différente. La Cavacha et le battement ‘‘Machine ya Kauka’’ faisait la différence.Le mauvais épisode de ma carrière musicale c’est sans doute la rupture d’avec le groupe en 1997 alors que je n’étais pas à la fin de ma carrière et ma source de création n’avait pas encore tari. On m’a brisé ma carrière et je le regrette amèrement. Les mélomanes avaient encore besoin de mes créations et ils le regrettent autant que moi. Ca leur manque cruellement. Vous voyez où je veux en venir ? A cet effet je dirai que ce n’est pas de mon propre gré que j’ai quitté le navire en perdition. S’il a chaviré par la suite, la mauvaise foi de certains en serait la cause. Bon, c’est comme ça la vie. C’est du passé et la vie continue.

Il y a, en ce moment, beaucoup de jeunes aux dents longues et talentueux qui veulent prendre la place qui est la votre, vous tous de la génération Cavacha. Quel rôle pouvez-vous encore jouer dans la musique congolaise actuelle et quel conseil pourriez-vous leur prodiguer ?

En premier lieu pour ma part je dirai qu’il ne nous appartient pas de monopoliser la scène musicale congolaise. Il faut une relève sans doute. Nous souhaitons tout simplement que les jeunes mettent du sérieux dans le travail. Le tempo que j’ai inventé, que l’Afrique entière a adopté (nous envie) doit demeurer notre patrimoine, comme la Salsa l’est pour les Cubains. Ils doivent une reconnaissance à Monsieur Belobi Ng’Ekerme Meridjo, le créateur du Tempo dénommé ‘‘Machine ya Kauka’’. C’est le fruit des recherches menées par des aînés et ça mérite du respect. Nombreux de ces jeunes n’étaient pas encore nés quand nous avons initié ce Tempo. Mais pour y arriver, les jeunes doivent persévérer, se fidéliser à un groupe, s’y habituer et créer une cohésion pour obtenir un bon résultat. Sinon, rien de bon ne sera légué à leurs successeurs.

Vous êtes en plus cité parmi les meilleurs compositeurs de Zaïko Langa-Langa. Quel est votre sentiment à cet égard ?

Merci pour cette reconnaissance. Je n’ai pas l’habitude de me vanter ou de me proclamer meilleur, mais beaucoup de mélomanes me le disent souvent et ils savent pourquoi.Depuis mon entrée dans Zaïko Langa-Langa jusqu’à mon départ en 1997, on disait toujours dans le groupe qu’il y a ‘‘ceux qui ont fait Zaïko Langa-Langa et ceux que Zaïko Langa-Langa a fait’’. Aux fans, le loisir de me classer dans la catégorie que je mérite.

Quels sont vos projets d’avenir dans le court terme. Un Album ou un Best of Meridjo reprenant toutes vos tubes qui ont maintenu Zaïko dans les hits peut être ?

A propos d’album je ne ferai aucun commentaire. Cette question est la goutte qui fit débordé le vase et me fit perdre mon ancienneté, ma fidélité, ma régularité et ma constance au sein d’un groupe en l’occurrence Zaïko Langa-Langa. Mais rien n’est exclu, si un jour un producteur sérieux me propose du travail, étant libre de tout engagement, je promets que mes fans se délecteront.

Quel rapport avez-vous avec les autres vedettes du clan Zaïko tous confondus ?

Je suis toujours en très bon terme avec tous mes anciens collègues même si on ne se rencontre pas régulièrement. Je suis en bon terme avec Josssart Nyoka Longo, si c’est votre attente. On se téléphone souvent.

Si on te propose de choisir pour chaque poste un musicien Congolais et de créer un groupe, qui choisirais-tu ?

Difficile n’est ce pas ? Il y a de l’embarras de choix. Le Congo est l’un des ces pays au Monde ou on rencontre des talents partout et où on n’a pas besoin d’aller à l’école pour apprendre la musique, les instruments. Mais concernant la sélection des talents, j’aimerais travailler avec plaisir avec ceux qui adorent le travail. C’est le travail qui engendre l’argent et non l’inverse

.Quel est ton Musicien Congolais préféré ? Et au niveau Mondial ?

Ca sent un piège ! Mais néanmoins, j’aime tous les musiciens de Zaïko de la Génération Cavacha. Remets sur scène Papa Wemba, Nioka, Evoloko, Gina, Bozi, Mavuela, Bimi, Manuaku, Bapius et j’en passe, tu me donneras raison. A part eux, je peux citer Koffi Olomide qui est un model de courage, de ténacité, de réussite, de travail avec un répertoire intarissable (je parle ici de sa musique). A l’étranger, j’adore Lionel Richie. Son chant, son style et sa musique romantique me fascinent.

Propos recueillis par Déparis Nzembo et Emmanuel Makila




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