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1956-2006 : la RD Congo en dix mots-clés magiques
Posté par Admin le 10/8/2008 9:00:00 (1537 lectures)

La succession des événements au Congo-Zaïre

1956-2006 : la RD Congo en dix mots-clés magiques

Le 6 décembre 2006, la transition de deux ans, fixée en République Sud Africaine, RSA, avec prolongation de deux fois six mois, donc 36 mois, prenait fin, après un long tunnel de 16 mois. Voici, les dix mots clés magiques pour la relecture de la RD Congo en un demi-siècle de parcours chaotique et désastreux.

Le vendredi 20 juillet 2007

E 6 décembre 2006, la transition de deux ans, fixée en République Sud Africaine, RSA, avec prolongation de deux fois six mois, donc 36 mois, prenait fin, après un long tunnel de 16 mois.

Elle a été entamée le 24 avril 1990 par le Maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga, président-fondateur du MPR, du haut de la tribune de la Cité de la Nsele, située à 60 Km du centre-ville de Kinshasa sur la route nationale du Bandundu. « Un peuple sans histoire est un peuple sans culture », a planché le sage africain Amadou Hampaté Bâ. Ci-dessous les dix mots clés magiques pour la relecture de la RD Congo en un demi-siècle de parcours chaotique et désastreux.



1. Indépendance cha-cha

Le jeudi 30 juin 1960, le Congo belge accède à l'indépendance nationale et à la souveraineté internationale sous l'appellation « République du Congo ». Ce, après 80 ans de colonisation belge, de 1885 à 1908 sous l'Etat indépendant du Congo(EIC) et , de 1908 à 1960 sous le Congo belge et Ruanda-Urundi.

Le 30 juin 1960 - 85.4 koLe 30 juin 1960Le "vol" du sabre du Roi Beaudouin

Joseph Kasa-Vubu (Abako) est élu Président de la République au Parlement logé au Palais de la Nation (actuelle Présidence de la République). Patrice-Emery Lumumba (MNC) est désigné Premier ministre après la victoire de son parti, le seul à caractère national de par la composition de ses membres, aux législatives de mai 1960.

2. Mutinerie

Le 5 juillet 1960, les soldats du Camp Léopold, actuel Camp Kokolo, situé en face de la cité de la RTNC et de l'UPC, déclenchèrent une mutinerie. Casus belli : la phrase assassine du Commandant belge Jansens écrite sur le tableau noir dans la caserne : « Après l'indépendance=avant l'indépendance ».

Le Premier ministre Lumumba est appelé à la rescousse - 68.2 koLe Premier ministre Lumumba est appelé à la rescousseMutinerie au Camp Léopold le 5 juillet 1960

Le Premier ministre Lumumba, qui est également ministre de la Défense, est appelé à la rescousse par le commandant en chef Victor Lundula, Kasa Vubu étant le commandant suprême de la jeune armée nationale congolaise, ex-Force publique du Congo belge. C'est la pagaille à Léopoldville ! Comme ce fut le cas le dimanche 4 janvier 1959 après le meeting avorté de l'Abako à l'YMCA et la défaite de l'As V.club contre le FC Mikado-Sabena(0-1).

3. Sécession

Le 11 juillet 1960, par effet collatéral de contamination des événements de « Léo, la capitale » chantée par l'African Jazz du Grand Kallé Jeff, la province du Katanga, sud-est du pays aussi vaste que l'Europe et le tiers des USA, déclare la sécession par rapport au gouvernement central.

C'est sur instigation de Moïse Tchombe, leader de la Conakat, appuyé par des milieux financiers belges, anglais et sud-africains tapis, dans l'ombre.

République du Sud-Kasaï - 5.2 koRépublique du Sud-Kasaï Le 31 juillet, ce sera au tour du Sud-Kasaï, centre-sud, d'entrer dans la pagaille avec comme Roi Albert Kalonji Ditunga, aujourd'hui exilé au Royaume de Belgique ! « Ma vérité… », avez-vous lu ?

4. Rébellion

En 1963, des politiciens lumumbistes, exilés à Brazzaville, sur la rive droite du fleuve Congo, créent le Conseil national de Libération (CNL), lequel va déclencher la rébellion muleliste d'inspiration maoïste en 1964 dans le district du Kwilu, Province du Bandundu, centre-ouest.

Un autre front lumumbiste verra le jour à Stanleyville (actuelle Kisangani) dans la Province Orientale (Nord-Est) avec la création de la République populaire du Congo par les disciples du héros national, décrété par Cyrille Adoula en 1962, entre autres : Antoine Gizenga (PSA), Christophe Gbenye (MNC/L),Thomas Kanza (MNC/L), Gaston Soumialot, Colonel Olenga, Yerodia Abdoulaye Ndombasi…

Quant à Laurent Désiré Kabila (PRP), il vit replié dans le maquis montagneux de Fizi-Baraka (Sud-Kivu, centre-est). La rébellion occupera alors les trois quarts du pays jusqu'au 24 novembre 1964, date de l'Opération américano-belge « Dragons rouges » ; celle-ci, pilotée par le jeune colonel Joseph-Désiré Mobutu, avait consisté au bombardement de la ville de Stanleyville située, à 1.700 km de Léopoldville sur le fleuve Congo au niveau des chutes Wagenias.

Comme en échos macabres aux soldats de l'Otan des années 60, les trois guerres ougando-rwandaises des années 1999, 2000 et 2001 sont venues aggraver situation humanitaire désastreuse de cette ville martyre depuis les émeutes du 30 octobre 1959 provoquées alors délibérément par les partisans du MNC/L. Un signal fort lancé dans la course au pouvoir contre Joseph Kasa Vubu au lendemain de la Conférence d'Accra de 1958 à laquelle avaient été invités trois leaders congolais de l'époque : Patrice Emery Lumumba, Gaston Diomi et le journaliste Joseph Ngalula, Rédacteur en Chef de l'hebdo « Présence Africaine ».

5. Dictature

Du 24 novembre 1965, date de son second coup d'Etat, le premier étant réalisé le 14 septembre 1960 par la neutralisation du duo Kasa Vubu- Lumumba, au 16 mai 1997, le Maréchal Mobutu Sese Seko a dirigé d'une main de fer, la RD Congo baptisée ainsi le 1er août 1964 à Luluabourg, re-baptisée République du Zaïre le 14 octobre 1972 par le Bureau Politique du MPR, Mouvement Populaire de la Révolution. Porte-parole : Prosper Madrandele Tanzi.

Le Lieutenant-général Joseph Désiré Mobutu avait suspendu 44 partis politiques en 1965, le Maréchal « Ye mei » dut gérer quelque 400 partis politiques lors de la Conférence nationale souveraine, CNS, du 18 juillet 1991 au 6 décembre 1992. Lui-même s'étant mis au-dessus de la mêlée en véritable « Aigle de Kawele ». N'est-ce pas que « la bave du crapaud ne peut pas atteindre le vol de l'Aigle ? ». Bien entendu, car les « Kadogos » n'ont pas pu l'abattre quand il s'est envolé pour Gbadolite en route pour l'exil chérifien via le Togo du président Etienne Eyadema Gnassingbe, leader charismatique du RPT, parvenu au pouvoir en 1963 ! Le premier coup d'Etat africain contre un certain Sylvanus Olympio, le père de l'autre.

6. Zaïrianisation

En 1973, le nouveau régime, légitimé par les élections monopartistes, présidentielle et législative, de 1970, décrète la naturalisation des biens étrangers au profit des nationaux. Néophytes en affaires, ces acquéreurs vont précipiter la chute de l'économie congolaise amorcée avec la crise des hydrocarbures provoquée par le conflit israélo-arabe au Proche-Orient. Et, choc !

On notera qu'en 1966, le nouveau régime dictatorial avait déjà crée la Sonas, la fille- aînée de la Révolution du CVR, Corps des volontaires de la Révolution, et nationalisé l'Union minière du Haut- Katanga, UMHK, en Générale des Carrières et des mines, Gécamines, en 1967. En 1969, l'agriculture fut décrétée « priorité des priorités » avec le slogan « Salongo », esprit de travail inspiré du Yukon de la Chine communiste de Mao Dzé Dong.

7. Transition

Du 24 avril 1990 au 24 avril 2006, la transition tumultueuse du Congo-Zaïre a pris un sacré coup de vieux : 16 ans « d'incertitudes aveugles, d'atermoiements funestes et de précipitations inconsidérées » comme écrit dans le message du Roi Baudouin 1er du 13 janvier 1959 prononcé à Bruxelles, capitale du Royaume de Belgique.

Après la première Transition mobutiste de 7 ans de récréation infinie, 1990-1997, la RDC a vécu la seconde Transition kabiliste de 8 ans de guerre continue, 1998-2006, au su et au vu de la communauté internationale, Onu, UE, UA, Nepad…, depuis les Accords de Lusaka, en Zambie, signés le 18 juillet 1999 sous l'égide de la triptyque UA-Comesa-SADC.

8. Négociations

Les politiciens congolais sont passés maîtres en négociations depuis presque « un demi- siècle d'émergence africaine et d'émancipation nationale ». Déjà, en 1957, le trio Lumumba (MNC), Diomi (Abako) et Ngalula (Présence africaine) étaient présents lors de la Conférence panafricaine d'Accra, convoquée par l'Osagyefu Kwame Nkrumah, premier Président du Ghana, premier pays indépendant de l'Afrique noire en 1957.

De la Table ronde de Bruxelles (1960) au Dialogue Intercongolais de Sun City (2003) en passant par le Conclave de Lovanium à Léopoldville (1961), les Congrès annuels de N'sele, le Colloque national sur l'Authenticité (1981), les Accords de Gbadolite (1988), la CNS (1992), la Convention nationale (1999), ils ont voyagé dans tout le Congo… et sillonné les quatre coins et recoins du continent africain.

Entre autres capitales visitées : Addis-Abeba, Abuja, Brazzaville, Dar-es-Salam, Gaberone, Kampala, Kigali, Libreville, Lomé, Luanda, Nairobi, Pretoria, Tananarive… Et, puis Jo'bourg !

9. Démocratisation

Contrairement à l'opinion internationale, le processus de démocratisation au Congo comprend trois phases : la première, entamée avec l'organisation des premières élections municipales à Léopoldville, Elisabethville et Jadotville puis, en1958, à Coquilhatville, Stanleyville, Costermansville, Luluabourg et Matadi-port avec comme point culminant les élections législative et présidentielle de mai et juin 1960 suivies de celles législatives de 1965 remportées par la Conaco, Confédération nationale du Congo, de Moïse Tchombé. L'élection présidentielle devait opposer le duo Kasa Vubu-Tchombé étant renvoyé aux calendes grecques !

La seconde phase commence le 24 avril 1990 et s'arrête le 15 août 1992 avec l'élection au Palais du peuple de M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba (Union sacrée) au rang de Premier ministre (70%) au détriment de Thomas Kanza soutenu par l'Ufonal (29%). Auparavant, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kisangani, avait été porté au perchoir de la CNS en défaveur du photographe Nkanku de la Société civile/Kasaï Oriental.

Le duel Baudouin Banza (MPR)-Joseph Iléo Songo Amba (PDSC) s'est terminé en faveur du dernier, l'homme de tous les rendez-vous historiques depuis 1956 avec la publication de « Le Manifeste de la Conscience africaine ». Ce document demeure le premier texte politique rédigé par des Congolais sous l'égide de l'abbé Joseph- Albert Malula, curé de la paroisse Christ-Roi de la commune de Dendale, avec la collaboration de ses compagnons, entre autres : Albert Ngwenza, Joseph Ngalula, Joseph Iléo, Cyrille Adoula, Mwissa Camus, Joseph Mbungu, Pascal Kapela…

La troisième, tardive il est vrai, a commencé avec la promulgation de la loi numéro 04/2000 du 15 mars 2004 portant organisation, attribution et fonctionnement des partis politiques en RD Congo par le chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange, mentor du PPRD.

10. Élections

Actuellement il y a quelque 213 partis politiques enregistrés au Ministère de l'Intérieur, décentralisation et administration du territoire suite à la circulaire numéro 011 du 02 mai 2004, relative au fonctionnement des partis politiques et regroupements politiques existants depuis la libéralisation politique du 4 avril 2003 (promulgation de la Constitution de la Transition) avec délais-butoir de demande de re-fonctionnement avant le 15 septembre 2004. Par contre, à la Commission électorale indépendante, CEI, 161 partis politiques s'étaient inscrits pour la compétition en 2006.

Le référendum constitutionnel, initialement prévu au 26 novembre 2005, a été reporté au 18 décembre 2005 tandis que la promulgation de la Constitution de la Troisième République, programmée initialement au 31 décembre 2005, a eu lieu le 18 décembre 2006 au Palais de la Nation par le Chef de l'Etat flanqué de son porte-parole Kudura Kasongo Mwana Luaba, ancienne vedette de la Voix du Zaïre des années 70 et 80. Bilan total du coût estimatif des élections : 510 millions euros contre 27 pour uniquement le test démocratique du 18 décembre 2005.

A Kinshasa, certains cercles politiques redoutaient la victoire du « Non » au référendum constitutionnel comme ce fut le cas en France avec le projet (encore en souffrance) de la Constitution européenne et, ensuite au Kenya. Cet échec a poussé le président Mwayi Kibaki à démettre le gouvernement de Nairobi en lieu et place du Parlement ! Qu'en pensent les parlementaires de Strasbourg ?

Après l'Afghanistan, sous occupation américaine, l'Irak, ravagé par les attentats à la bombe, l'Allemagne avec le triomphe de la chancelière Angela Merkel, le Libéria avec Elen-Sirleaf Johnson, le Chili avec Michèle Bachelet, la Finlande, le Burkina Faso avec Blaise Compaoré et le Gabon avec le doyen des chefs d'Etat africains, Omar Bongo Ondimba au pouvoir depuis… 1967, la RD Congo a rempli son contrat de la Baule, édicté en 1989 sous le règne du président Français François Mitterrand (PS).

Ce méga-scrutin de quelque 25 millions d'électeurs sur une population de 6o millions d'habitants éparpillés sur une superficie de 2.345.445 Km , a permis de légitimer les institutions de la Troisième République depuis la crise de légitimité ou de légitimation du 5 septembre 1960. Celle-ci avait été aggravée le 14 septembre 1960 par le très jeune colonel JDM sur instigation de l'ambassadeur américain Larwin Dewall, guidé par Allan Dulles, directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) depuis la Centrale de Langley aux USA. Une erreur monumentale de la guerre froide venait d'être enfin résolue de la manière universelle et historique.

Bouche et motus cousus !

Jean-Marie Mandjeku Zembeny Nketa © La Conscience Sous la direction de Camille Muissa Camus Monga Lihombo




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